Les filières bio sont-elles capables d’approvisionner la restauration collective ?

Le 2 mars, les sénateurs ont retiré l’objectif de 20% de bio inscrit initialement dans la proposition de Loi sur l’ancrage territorial*. L’argument invoqué est que les filières bio seraient incapables de fournir des volumes suffisants et que cela conduirait donc à des importations… La Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) dément et démonte cet argument.

Agri-Bio-collectivite

« Moins de 400 000 ha sont nécessaires pour fournir les 20% de bio en restauration collective. »

A l’aide du « convertisseur alimentaire » de Terres de Liens, la Fnab a estimé les surfaces agricoles nécessaires : moins de 400 000 ha (1) suffiraient à fournir 20% de produits bio en restauration collective (3 milliards de repas / an). Elle avance un par un les arguments qui démontrent que l’agriculture bio peut fournir la restauration collective :

« Pour rappel, l’agriculture bio représente 1,3 million d’ha en France fin 2015 et 220 000 ha ont été convertis, uniquement en 2015. Par ailleurs, la grande majorité (76%) des produits bio consommés en France provient déjà de France (et parmi les importations, la moitié est constituée de produits exotiques et de spécialités gastronomiques que l’on ne produit pas en France)(2).

Quoiqu’il en soit, ce débat est théorique : les acteurs de terrain savent bien que ce n’est pas une question de quantité mais d’organisation de filières et d’adéquation entre offre et demande locales.

(1) Par souci de simplicité, le calcul est basé sur les quantités moyennes consommées pour un repas du déjeuner par un adulte, ce qui surestime grandement le résultat obtenu (le secteur scolaire représente à lui seul 38 % de la restauration collective par exemple). Par ailleurs, les 20 % sont calculés en nombre de repas et non en chiffre d’affaires.

(2) Source : Observatoire de l’Agence Bio – conférence de Presse du 27/02/2016.

Quelques exemples d’établissements montrent que c’est possible :

  •  Dans la commune de Langouët, en Ille et Vilaine, la cantine est 100% bio depuis 10 ans, le coût de revient des repas a diminué et « ce sont les producteurs qui font les menus !». la commune s’appuie notamment sur le groupement de producteurs bio Manger Bio 35.
  •  Le lycée Janson de Sailly à Paris, propose 40% de bio dans les 3000 repas servis chaque jour. Pour y parvenir, le gestionnaire a dialogué avec les producteurs bio franciliens et a ainsi commencé avec les produits les plus disponibles : fruits puis produits laitiers, et ainsi de suite…
  •  Dès les années 90, la municipalité de Lons Le saunier, dans le Jura, confrontée à des problèmes de qualité de son eau potable, a décidé d’agir de manière préventive, en incitant les agriculteurs à proximité du captage à modifier leurs pratiques plutôt que d’investir dans une usine de dépollution, solution onéreuse. Elle a ensuite proposer le débouché de sa cuisine centrale (5000 repas par jour). La viande de boeuf, les yaourts et le pain sont 100% bio et de proximité. Une légumerie bio a également été inaugurée en 2015 afin de poursuivre cette démarche de développement local.

Plus de 100 autres exemples sont à retrouver sur www.restaurationbio.org